Les drones volent au secours des assureurs

Matthieu Pelloli - 06 novembre 2016
Source : http://www.leparisien.fr/


droneAlors que le métier d'expert est particulièrement accidentogène, les drones permettent d'intervenir sans risque. Evaluation en altitude, en milieu amianté ou radioactif, ces aéronefs sans pilote sont de plus en plus utilisés.


Hélices multiples, matériaux composites, fuselages bardés de diodes électroluminescentes et caméras embarquées, ils ont attiré l'oeil des curieux au Salon de l'assurance, qui se tenait hier, au palais des Congrès, porte Maillot à Paris (XVIIe). Qui ? Les drones. Le grand public les associe à la haute technologie, à l'armée (ils remplacent de plus en plus les avions de chasse pour les frappes aériennes) ou aux loisirs (ils envahissent les rayons des enseignes spécialisées). On les attendait moins dans le secteur... de l'assurance.

Et pourtant. Créée en 2014, la société Dronotec a pris son envol en proposant de faire intervenir ses drones techniques « pour repérer des infiltrations par les toits-terrasses ou en façade, prendre un relevé précis photographique d'un sinistre ou encore identifier les phénomènes de déperdition d'énergie sur les bâtiments grâce à ses caméras thermiques ».


Le secteur de l'immobilier aussi intéressé

Aujourd'hui, Dronotec se positionne d'abord en « business to business » (B2B), c'est-à-dire en proposant ses activités à une clientèle d'entreprises. Les clients sont au rendez-vous, petits comme grands. Axa, Allianz, la Maaf, la Maïf ou encore Generali, tous ont déjà eu recours aux services des drones de l'entreprise. Emilien Rose, le gérant de la SARL, est un ex-professionnel de l'assurance. Son expérience sur le terrain l'ayant convaincu qu'il existait un joli marché pour les drones dans ce secteur, il a décidé de monter son entreprise. Avec un slogan simple à destination des compagnies d'assurances : « Arrêtez de massacrer vos experts. » C'est sans doute l'un des aspects les moins connus, mais la profession d'expert d'assurance -- essentielle dans le règlement des sinistres -- est aussi particulièrement accidentogène. L'on a vite fait de passer au travers d'une toiture après un incendie, ou encore de glisser sur le sol après un dégât des eaux. Le métier offre en effet quantité d'occasions de se blesser.

« Il y a énormément d'accidents de travail dans notre secteur, confirme Emilien Rose. Pour une compagnie d'assurances, plutôt que d'envoyer un expert prendre un risque en évaluant des dégâts, il peut être intéressant d'utiliser un drone. » Tunnels de la RATP, tours de grande hauteur à La Défense, mais aussi milieux amiantés, installations nucléaires, les drones se faufilent partout sans craindre ni les particules d'amiante ni la radioactivité. « Nous travaillons via un réseau de 90 pilotes sur toute la France, détaille-t-on encore chez Dronotec. Chacun d'entre eux dispose de son propre matériel et de son homologation (NDLR : qui impose d'avoir un casier judiciaire vierge). De notre côté, nous leur fournissons la mission de captation de données. » Tarifs ? De 590 € à 2 490 € pour une mission d'une heure à une journée. La jeune entreprise sait déjà qu'elle peut compter sur des relais de croissance. Après les assureurs, c'est au tour des professionnels de l'immobilier de la solliciter de plus en plus, « pour faire de l'inspection de façades et de toitures ». La cote des drones grimpe en flèche. Et elle ne semble pas prête de retomber.